Vol.1, 1998
 
     
 

Éditorial/Editorial

Robert A. Papen et/and Jeff Tennant

 
     
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  Comptes rendus/Reviews  
     
 

Introduction à la phonétique comparée : Les sons : Le français et l’anglais nord américains de Luc Ostiguy, Robert Sarrasin et Glenwood Irons

Terry Mildare

De la polyphonie à la symphonie (Méthodes, théories et faits de recherche pluridisciplinaires sur le français au Canada) de Jürgen Erfurt

Gilles Forlot

Language in Canada de John Edwards

Stephen Carey

 
     
 

Relating SLA Research to Language Teaching Materials

Vivian J.Cook

This article discusses applications of Second Language Acquisition (SLA) research to the preparation of language coursebooks. The author suggests a number of ways in which SLA research findings can help improve coursebooks and thereby enhance the learning of large numbers of students. Research leads us to consider learners as genuine speakers of the L2, as bilinguals who still have an L1 present in their minds and who do not all go about learning the L2 in the same way. Few coursebooks take into account these and other findings of SLA research, for example: that the acquisition of basic syntax precedes the acquisition of inflectional morphology, that most of the syntax to be learned is really part of the lexicon, or that vocabulary needs to be encountered in a structural and semantic context in order to be effectively acquired. Coursebook authors also need to bear in mind that pronunciation is necessary not only for communication but also for the actual learning of L2 forms, and that some aspects of the L2 writing system need to be explicitly taught. The author provides two sample lessons to illustrate how these research findings might be applied to the writing of a coursebook.

Cet article présente une discussion des applications de la recherche sur l’acquisition d’une langue seconde à la préparation des manuels pour les cours de langue. L’auteur avance un certain nombre de suggestions, inspirées des résultats de la recherche, visant à améliorer les manuels et faciliter ainsi l’apprentissage d’un grand nombre d’étudiants. Les recherches dans le domaine nous mènent à considérer les apprenants comme de véritables locuteurs de la langue seconde, comme des bilingues qui ont à tout moment une L1 présente à l’esprit et qui n’apprennent pas tous de la même façon. Peu de manuels tiennent compte de ces résultats et d’autres résultats de la recherche sur l’acquisition d’une L2, comme par exemple : que l’acquisition de la syntaxe de base précède l’acquisition de la morphologie flexionnelle, que la majeure partie de la syntaxe à apprendre relève en réalité du lexique, ou que l’apprenant doit rencontrer les éléments de vocabulaire dans un contexte structural et sémantique pour les acquérir convenablement. Les auteurs de manuels devraient également se rappeler que la prononciation est indispensable non seulement pour la communication mais aussi pour l’acquisition même des formes de la L2, et que certains aspects du système d’écriture de la L2 doivent faire l’objet d’un enseignement explicite. L’auteur présente deux échantillons de leçons qui permettent d’illustrer les applications possibles de ces résultats de recherche aux manuels de cours.

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Nature et seconde nature dans l'enseignement/apprentissage des langues

Henri Besse

L'auteur critique, d'un point de vue épistémologique, le «raisonnement naturaliste» qui sous-tend nombre de propositions actuelles portant sur l'apprentissage des langues, qu'il soit réputé «naturel» ou qu'il soit scolaire. Il conteste, dans une première partie, la lecture que Piaget a faite, en 1957, de la Didacta Magna de Comenius (il serait «l'un des précurseurs de l'idée génétique en psychgologie du développement»), parce qu'elle occulte ce que Comenius emprunte au «syllogisme pratique» d'Aristote tel qu'il a été réinterprété par la tradition chrétienne. Dans une seconde partie, il est montré combien «The Acquisition/Learning Hypothesis» de Krashen est tributaire à la fois de la «théorie des deux cerveaux», telle qu'elle a pu être formulée dans les années 70 de ce siècle, et de certains présupposés «naturalistes» véhiculés par la tradition occidentale de l'enseignement des langues, lesquels se retrouvent dans la plupart des «acquisitions studies» récentes. Enfin, dans une troisième partie, l'auteur soutient (en s'appuyant sur Bruner, 1987;Jolibert, 1987 et Bronckart, 1996) la thèse que la maîtrise d'une langue dépend au moins autant d'un «apprentissage social» que d'un dispositif neuro-biologique génétiquement hérité sur lequel, en dépit de progrès des sciences cognitives, on n'a encore peu de prise.

The author criticizes, from an epistemological point of view, the «naturalist argument» which underlies a number of current propositions bearing on second language learning, be it in «natural» or in formal contexts. In the first section, he contests Piaget's (1957) interpretation of Comenius' Didacta Magna (he is presented as «one of the precursors of the genetic principle in developmental psychology»), because it completely occults what Comenius borrows from Aristotle's «practical syllogism» as it has been reinterpreted by the christian tradition. In a second section, it is shown how Krashen's «Acquisition/Learning Hypothesis» follows not only from the «two brain theory», as it was formulated in the 1970s, but also from certain «naturalist» presuppositions which have been widely accepted by the Western language teaching tradition, and which can be found in most of the recent «acquistion studies». Finally, in a third section, the author proposes the idea (based on Bruner, 1987; Jolibert, 1987 and Bronckart, 1996) that the learning of a language depends on a form of «social learning» at least as much as on a genetically inherited neurobiological device, about which we still have little knowledge, in spite of recent progress on the part of the cognitive sciences.

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Form in immersion classroom discourse: In or out of focus?

Roy Lyster

Qualitative analyses of teacher-student interaction recorded during subject-matter lessons in grade 4 French immersion classrooms indicate that language form is often out of focus in immersion classroom discourse. Immersion teachers draw regularly on negotiation of meaning strategies to present content, by frequently repeating or recasting learner utterances and using numerous expansions, confirmations, and confirmation checks to do so. Because these interactional moves follow both ill- and well-formed learner utterances, they appear to respond to the meaning of learner utterances and, consequently, may not enable learners to notice the gap between their interlanguage and the target language. However, immersion teachers are still able to bring language form back into focus, without breaking the flow of interaction, by briefly engaging in the negotiation of form with students and then continuing to interact with them about content. With some reference to his past experience as an immersion teacher, the author discusses the pedagogical implications of these and other research findings related to corrective feedback.

Les analyses qualitatives des interactions entre enseignants et élèves enregistrées dans des classes d’immersion au niveau de la 4e année du primaire démontrent que le discours immersif met peu en relief la forme langagière. Les enseignants se servent systématiquement de la négociation du sens pour présenter les contenus et cela par le biais de nombreuses répétitions et reformulations enchâsées dans des expansions, des confirmations et des demandes de confirmation. Puisque ces modifications conversationnelles semblent répondre au sens des énoncés des élèves, que la forme soit correcte ou non, elles ne semblent guère en mesure d’attirer l’attention des élèves sur le décalage entre leur interlangue et la langue cible. Les enseignants ont toutefois l’occasion de mettre en relief la forme langagière en employant brièvement la négociation de la forme au cours de l’interaction, sans en ralentir le flot. L’auteur, en tenant compte de ces résultats ainsi que de ceux d’autres recherches sur la rétroaction corrective et en se référant également à son expérience antérieure en tant qu’enseignant en immersion, identifie certaines répercussions de cette recherche sur l’enseignement immersif.

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La métacognition et la compréhension auditive en langue seconde

Laurens Vandergrift

Étant donné le rôle primordial de la compréhension auditive dans l’apprentissage d’une langue seconde, il est essentiel de fournir aux étudiants des stratégies d’écoute qui leur permettent de tirer le plus grand profit de l’intrant linguistique. Dans cet article, nous comparons des réflexions à haute voix d’étudiants au niveau débutant qui écoutent des textes oraux. On constatera que les bons auditeurs utilisent davantage de stratégies métacognitives et qu’ils se servent de ces stratégies pour interagir de façon plus dynamique avec un texte pour construire le sens. Nous présentons également des interventions pédagogiques qui ont le potentiel d’aider les étudiants à développer une prise de conscience métastratégique, tout en leur permettant d’intervenir dans le processus d’écoute pour mettre en oeuvre des stratégies métacognitives afin de mieux réussir la compréhension auditive.

The development of listening skills is a crucial component of second language learning and teaching, and students need to acquire successful listening strategies to capitalize on the language input they receive. This article presents some comparative think-aloud protocols of beginning level language learners listening to an oral text. It is argued that successful listeners use more metacognitive strategies and use these strategies to interact at a deeper level with a text to construct meaning. The article concludes with pedagogical implications, outlining an instructional model for developing metastrategic awareness in students that will allow them to become more aware of the process of listening and to learn how to use the metacognitive strategies that will lead to greater success in listening comprehension.

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L’enseignement du français et en français en milieu amérindien au Québec: une problématique ethnopédagogique (online / en ligne)

Robert Sarrasin

Ce texte expose la situation du français en milieu amérindien au Québec. Historiquement, le français a été une langue d’assimilation. Aujourd’hui, beaucoup d’Amérindiens sont des francophones de naissance, mais la langue ancestrale subsiste encore. Chez les Atikamekw en particulier, presque tout le monde a encore l’atikamekw comme langue maternelle. Cette situation a amené les autorités à implanter dans leurs écoles un programme d’enseignement bilingue atikamekw-français, où l’atikamekw est la langue d’enseignement de la maternelle jusqu’en 4e année du primaire. Ce régime constitue un défi de société, car ce qui est en jeu, c’est non seulement le bilinguisme mais l’implantation de toute une culture scolaire. En rapport avec cette problématique, on discute ici de la difficulté que posent pour les élèves certaines tâches verbales et de la nécessité de tenir compte en didactique de la langue, tant en L1 qu’en L2, des caractéristiques ethnolinguistiques du milieu social des élèves, l’approche ethnologique s’avérant, du reste, pertinente pour la didactique en général.

This paper examines the situation of French in Quebec’s First Nations setting. Historically, French was a cause of assimilation. Today, many Indian people are francophones by birth, but the original language may still be very much alive. Among the Atikamekw especially, close to the entire population has Atikamekw as its L1. A situation that has led the educational authorities to implement an Atikamekw-French bilingual program in their schools, in which pupils are taught in Atikamekw from preschool to the 4th grade. Such a system represents a real social challenge, since what is at stake is not just a matter of bilingualism per se, but the promotion of a new culture of formal education. In light of this, the problems raised by certain verbal tasks required of the students are discussed, where it appears that language pedagogy, that of the L1 as well as that of the L2, must take into account the ethnolinguistic characteristics of the students’ social background. It is suggested, in fact, that an ethnological perspective may be pertinent to numerous pedagogical contexts.

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